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Serge Lombard jongle avec les phrases et les mots dont certains proviennent de son inventif et abondant lexique. 
Ci-dessous vous lirez quelques-uns de ses écrits.




1993
Catalogue du 4ème salon d’Art Animalier de la FRAPNA- Rhône

La montagne, serait-ce une bête, tant nous lui avons donné de flanc, côte, tête, gorge, crête, col, bec, pied (de voie) ? Bête hérissée d’horizons francs ou rondeurs dociles d’un girond tourbeux, toison forestière, haleine de glace, souffle de bise s’ébrouant en écharpe ravageuse…

L’éperon du courage piquant notre pesanteur, la nacelle tissée par les lacets hisse notre perception vers l’éclat palpitant, la couleur à l’état pur, la rude sérénité à fleur de lame.

Et moi, petit, avec mes copeaux d’instants chapardés au fuselage de la genèse

© Vercors - 2007 – texte et photo © Serge Lombard

© Plateau des Ramées    

© Sur les Hauts plateaux du Vercors


1996
Catalogue de l’exposition de groupe « ART ET NATURE » au Parc National des Ecrins.

Comme après une longue nuit sur la peau, chaque coup d’outil sous leur élan, fait naître des aurores de possibles dans les matières figées d’attente dont je réveille les chairs insoupçonnées, gainées de coquillages dans une résille d’oxydes, grenues d’éclats, fendues de cristaux.

Chairs antédiluviennes que, comme un galopin, j’ai cueillies dans mes fugues pétrographiques, avec pour complice son combustible inassouvi : la nature. Et à plus de 3.000 mètres, s’il le faut ! Les matériaux que j’œuvre sont, de prime abord, rétifs, ingrats, roturiers, non dociles. Et c’est ceux-là que j’aime, les non homologués, non normalisés, peu déterminés, non vendus en carrière et surtout pas de parallélépipède !

Le fouillis fourré d’incertitude de mon âme se régale des blocs patatoïdes.

Ces volumes incertains imposent une longue intimidation, un respect distant, une tendresse pionnière. Moi : « Qu’est-ce que je vais rentrer là-dedans ? »

Le bloc : « Attends de voir, mon bonhomme… ».

Essai d’osmose entre la couleur, la texture, les tares, les qualités, les avatars et les bonnes surprises d’une roche, et un sujet animalier, en taille directe. Comme on parle du lit d’une pierre, je me démène, débauche, dans une couche… géologique !

Chaque sculpture est à l’identique d’un périple en montagne, longue approche, puis itinéraire décisif, chaque difficulté livrant l’horizon de la suivante comme s’enchaînent les cols jusqu’à la sage arrivée à destination, bourdonnante de souvenirs. 

© (Serge Lombard – 1996)

Photo noir et blanc
Serge Lombard - (©1996 - Cl.Dautrey)


2001
Hommage au calcaire urgonien du Vercors comme au Loup

Voilà une écaille de rêve dans le lit de l’espace, une écorce de calcaire dressée à l’invitation des possibles, offrant une crête qui chemine vers le mythe… devenu réalité !

Ecaille ou éclat, avec une face à graver pour ses voies autant que sa voie, en multiples pistes ; cette lauze, qu’on dressait en bordure des chemins comme dans toutes les communautés « cultivant » la pierre plate, flanquée d’un loup dont la présence fut et sera toujours parallèle à la nôtre.

Pierre plate pour une forme de poésie rupestre, une signalétique de l’émotion.

Une pierre fichée droite comme un mur, où nos réflexes viennent buter, pierre d’achoppement plantée là, comme nos peurs ancestrales sur les parois de naguère.

Pierre de la nouvelle alliance ? 

Hommage au calcaire urgonien du Vercors comme au Loup
©
 LOUP À LA LUNE (1998)– H 46,5 x L 46 x Pr.17,5 cm
Prix Wildlife Pictures-Robert Henno et Prix du Public 1998 à Bruxelles (B) Galerie Bortier-ANIM’ART
Sculpture © Serge Lombard - Photo © Eric de Wallens (B)



Hommage à la Serpentine autant qu’à l’Ourse et son ourson. 

D’un bloc de Serpentine, aux arrêtes brutes, définies, campées sur l’aplomb implacable des forces tectoniques, extraire, puiser, asseoir, la confondante intimité du moelleux d’une maternité, la rondeur de celle-ci pulsant puissance et tendresse.

Mes précédentes sculptures, bornant le cheminement de ma perception et mes pensées sur le thème de l’Ours, furent l’occasion de participer, à ma façon, à la conscience qu’en a la collectivité.

Après des silhouettes façonnées par la force intrinsèque d’un bloc, après avoir fait tanguer sa fourrure, sur la houle de mon rêve alimenté par mes voyages dans les Pyrénées, j’ai manqué une pause plus émotive avec cet « Accueil du fauteuil vert » le titre de cette sculpture. 

Hommage à la Serpentine autant qu’à l’Ourse et son ourson.

© OURSE ET SON OURSON (2000) - H 26,5 x L 23 x Pr. 20 cm – 14 Kg 300 – trapézoïdale
« Prix NOVOTEL-La Défense », Paris - 7 novembre 2000
Sculpture © Serge Lombard – Photo : Stephan Salberter (B)



Catalogue de l’exposition ANIM’ART 2001 Au Museum des Sciences Naturelles de Bruxelles (B)

Utiliser le mot « instinct », c’est évoquer le siège des pulsions des plus viles au plus grossières, arraisonnant la raison piratée par la mainmise de notre animalité, s’affranchissant des codes biseautés sur les napperons de nos cultures.

Chez moi, l’instinct ne sécrète pas les attributs d’une brute épaisse, mais le don de débrider la sensorialité latente du matériau pierre, celui de révéler le subtil qui réside au cœur du rustre, du frustre, par écoute de ce qui sourd de ces ingrédients de genèse, sans calcul.

Saisir cette sensualité là, c’est un corps à corps, pas le fait d’une longue réflexion. Pour s’adonner aux travaux de Cupidon, a-t-on jamais vu quelqu’un établir un plan rigoureux pour atteindre le septième ciel ? Instants palpables de la fusion d’un volume avec la couleur du matériau et les géographies de ses ingrédients constitutifs. Suis-je conciliateur des élans irrépressibles de dentelles de pierre et la musculeuse pesanteur du roc contre lequel la volonté se fracasse ? Instants d’instinct, convaincu que je suis que mes lacunes invalidantes deviennent forces au contact de la matière ; le chaos qui agite mon âme cabossée, titubante parmi mes contemporains, m’assure cette faculté d’être en osmose avec le chaos originel. La pierre devient béquille qu’il s’agisse des grands crus ou de simples roturières, cueillies à la sueur de mon émoi, de mes doutes rassérénés par l’assise de cette pierre ignorée, bornée, apparemment buttée. Cette même béquille réconfortante pour mon itinéraire parmi l’art contemporain ; mes rapports avec ce dernier se résumant à un débat contradictoire entre l’accoucheur autiste que je suis et un exégète bègue, représentant des Tartufes ; des apparatchiks et autres potentats plaqués au chaud et au sec de leur spéculations cérébrales. Pierre rime avec fronde.

J’ai pu écrire que j’étais un détecteur de talents, ceux de la matière. Cette disposition n’exclut pas la coquinerie ; comme Brassens et sa chanson « Don Juan » (1973), en chantre pétrophile, je pourrais lancer à la cantonade, sur le même air :
Et gloire à Serge Lombard
qui fit reluire un soir
le cul de cette pierre
des autres absente du regard
cette pierre est trop vilaine,
il me la faut ! ©

Catalogue de l’exposition ANIM’ART 2001


2002
Son attirance pour les grands prédateurs l’a secondé dans la création d’œuvres magistrales qu’il leur a consacrées. Serge Lombard exprime sa perception  :

« Lynx, Ours, Loup, voilà les trois pôles de la planète des songes, ceux que la vie sauvage pulse avec une infinie sagesse vers le feuillage contrasté de la conscience humaine, où la branche artistique sera toujours cataloguée « Bizarre ». Mammifère des années 50, je suis imprégné. Je baigne depuis, même à mon insu, dans une « foultitude » de vulgarisation tout azimut sur le règne animal ; je m’extirpe de cette infusion médiatique en me hissant sur mes cailloux et mes rondins qui deviennent le radeau empirique peuplé de sculptures. L’art me sèche, les associations de protection de la Nature me réchauffent.

De ces trois têtes d’affiche animant polémiques, débats et controverses, le lynx occupe une place de choix dans mon univers. Beaucoup mieux qu’une place, il est l’espace feutré, étendu, une belle subtilité carnassière diluée dans un paysage dont l’écriture se charge de secrets de fauve, aussi impalpables que le froissement nacré de la soie des narcisses débourrant au creux froid des pessières du Jura. Dans ses lieux à lui, mon identité, ma structure, mes masques sociaux perdent leur superbe. C’est lui le superbe ! A côté de mon désir de le voir, je piste les indices d’une roche le sacrant.

L’ours, quant à lui, me boute hors de la tanière des lieux communs ; là où le joli vous courtise, là où le mièvre le dispute à la complaisance du facile. Qu’on ne s’y trompe pas ; l’ambiguïté de ce débonnaire est celle de l’amplitude ronde d’une voile affalée sur la force des coups de butoir. Le sculpter, c’est, dans une humilité cistercienne, faire allégeance à sa rumeur dans le sillage des liliacées pyrénéennes. Le mica du granit, quelque morceau de falaise calcaire du Vercors ou les couleurs du marbre pour paver les chemins qu’il empreinte dans ma passion à son égard.

Difficile de ne pas être mouton sculpteur dans le cas du loup. C’est se casser le nez sur le rendu de ma perception d’un réel, de la charge émotionnelle dispensée par l’animal dont une des cohérences première est d’être en groupe. Choisir cette étoile là plutôt que telle autre dans une constellation… La harde, c’est la dissidence, le tribal, l’insubordination à nos atavismes. Une sculpture de loup c’est aussi, peut-être, une borne à franchir entre le domaine ancien et le territoire nouveau du loup AVEC l’homme. »

lynx
©LYNX en calshiste du Queyras (1995) – H 34 x L 54,5 x Pr.18,9 cm – 33 Kg 600
Sculpture et photo © Serge Lombard


2003
A l’occasion de l’exposition « LES CHATS DE SERGE LOMBARD » à Méaudre

Les chats du sculpteur Serge Lombard, qu’ils soient en bois ou en pierre, miaulent sur tous les tons dans son atelier.
Chacun a pris forme, a grandi, sous le ciseau et la gouge maniés avec autant de force que de douceur par leur créateur qui déclare :

«Tout est bon… dans le cochon », stipule un adage ! Pour ma part, le dévorant des yeux, le chat m’est bon, d’un bout à l’autre, en tous lieux, en toutes saisons, sous tous les angles. Mot maladroit, car l’animal n’offre aucune aspérité âpre, aucune arrête saillante ; les angles, s’ils existent, sont cintrés dans l’architecture du drapé mouvant, celui de la tension souple qui parcourt la luisante kératine des griffes antérieures au frisson reptilien qui agite la queue, en passant par le flux roulé des épaules, les vagues dans la crique des cuisses. Il y a, sous sa robe, un subtil peuple de copeaux bandés, de lanières et de lianes.

Me fascinant par son indépendance en mouvement habitée d’une séduction carnassière, le chat capture mon intérêt, mon attention (belle proie ?…), lorsqu’il devient royalement inactif. Il en impose, par la charte de qualité de vie initiée et suggérée par ses postures, sa gestuelle, les mimiques que nous lui prêtons, l’élégance de l’abandon dans le repos hissé au rang d’Art.

Sculpter le chat, c’est échapper à la tentation attractive de faire « joli » c’est oublier mon « humanitude» au bénéfice de mon enveloppe de mammifère pour essayer de cerner, de capter, d’accueillir l’essence du félin ; pour tenter de restituer le grenu du grès doux, la domesticité cosy et désuète d’un calcaire oolitique, l’écharpe d’échardes esquilleuses d’un calcaire dur, le velouté gris d’une pierre volcanique assoupie, le ramage coloré du marbre, les micros miroirs du mica dans la fourrure lourde du granit et les veines du bois parcourant un réseau d’impressions.

Que la source d’émotion, d’inspiration soit un chat rustique, sophistiqué ou roturier, mal léché ou pomponné, voyou ou policé, une sculpture de chat ne fait qu’essayer de caresser dans le sens du poil la convergence d’harmonies précises ou confuses, serties dans le sentiment de beauté.» 

Chatte noire
©
 PETITE ENSORCELEUSE AU PAVILLON NOIR, chatte (2003) – en marbre noir de Belgique
H 29 x L 21,5 x Pr.15,5 cm – 9 Kg 542

Sculpture © Serge Lombard – Photo © Stephan Salberter (B)


2006
Catalogues des expositions « PIERRES fécondes » à Enghien (B) et à Wallers-Trélon (F)

Du morne d'une enfance, aussi joyeuse qu'un casier de consigne, se détachaient Franquin et Hergé, fonds tutélaires menant à la Belgique, ce continent du trait mû par une marée d'encre, ventilé par des mines : celles des crayons.

En 1996, sous la houlette énergique d'une égérie experte, je disloque mes amarres alpines et me hasarde à une extrapolation territoriale excentrée pour exposer en Belgique. Il m'est resté, de ce premier voyage, surtout l'empreinte visuelle d'une vapeur légère, partout présente, suspendue comme une haleine sur les grands muscles du corps industriel calciné de labeurs anciens ; des paysages émollients et sédatifs pratiquant une captation dépolie, dissolvant mon habitude en lui substituant une hébétude complaisante à l'adresse d'horizons frottés par un ciel où, par delà les champs, je percevais la piqûre térébrante des morions ibériques.

Le deuxième séjour en Belgique, en  2001, fut d'une autre trempe : l'immersion dans l'hygrométrie du mois de novembre diluant mes repères estivaux, fut de nature à me livrer les structures, lignes de force, perspectives, canevas, maillages, carcasses du bâti. Le Petit granit s'imposait, s'immisçait en moi avec, pour rabatteur de charme animé d'une constante persuasion, la brique ! Celle-ci étant de couleur couque flammée, charcuterie fumée, érythème chahuté, cendres de bière rouillée.

En ma qualité d'homme de l'ombre (un de mes qualificatifs à l'actif de la rumeur publique) rompu à l'usage des lumières drues aux accents latins, la matité douce, la texture presque textile sous les doigts et l'oeil ("l'oeil écoute", dixit Paul Claudel) de ce gris hennuyer entrèrent en résonance avec ma viscérale mélancolie. Même sous une drache, mais surtout sous une bruine entêtée, le Petit granit dispense une sorte de moelleux, paradoxal au regard du fait qu'il soit raide à façonner. Il est vrai que l'interface entre la matière et l'atmosphère y est pour quelque chose, au-delà de cette pellicule, réaction épidermique appelée "calcin". Est-ce des noces du territoire de l'air avec la peau lithique de cet espace de pesanteur, nommé pierre, que naît ce bleu ? Sa mise en oeuvre avec talent et rigueur, exacerbée au 19ème siècle, couronne le bal des crinoïdes.

Dans les mers originelles belges croisent des archipels noirs qui valent l'escale, escortés de lagons rouges et gris. Le marbre noir de Golzinne qui, sous les dents des outils, pulse une poussière d'ombre vulcanisée imitant celle du chocolat... belge. Matériau énigmatique, car par delà sa phénoménale puissance et l'emphase de sa cuirasse de cétacé éteint, il m'est apparu loisible d'y dérouler des arpèges sophistiqués, des mélismes. Les marbres gris et rouges de Haumont flambent comme des épices méridionales. Ils fricassent des confits durs, colorés de sucs cramoisis pour le rouge, carbonnade robe souris et de miel étincelant pour le gris.

Pour autant, prétendrais-je au titre d'orfèvre en la matière ? Pas plus à celui-là que je ne m'afficherais plasticien se commettant en installations ou s'inscrivant dans la forfaiture et l'escroquerie contemporaine d'un art faisant des performances.

Mon travail relève d'une disposition à l'accueil humble, à une porosité, à l'inerte ou prétendu tel ("l'amitié des choses inertes m'enveloppera pour ma perte" dixit Jacques Bertin). Une disponibilité au chaos parturient incite à une forme de béance au roboratif du réel, sollicite des facultés proches de celle d'un ethnologue se fondant au sein d'un peuple.

Sculpter s'inscrit dans une démarche archaïque, dissolue, une expérience subtile, dense et ample par l'investigation des instincts élaborés qu'elle sollicite ; un intrus impétrant faisant irruption dans mon labo-aléatoire violerait une alchimie de la naïveté et du trappeur d'émotions. Comme Claudel, déjà cité, narquois : "j'attends que l'on m'explique mon oeuvre".

Qu'il m'a été donné, à l'occasion de cet itinéraire au travers des pierres wallonnes, de palper le terroir initial de Julos Beaucarne, n'aura pas été le moindre souvenir de ce challenge. Il y a plus de trente ans de ce-là, je recueillis en moi une de ses boutures : "Je vis dans l'approximatif et m'en approche de plus en plus"

Catalogues des expositions « PIERRES fécondes » à Enghien (B) et à Wallers-Trélon (F      Catalogues des expositions « PIERRES fécondes » à Enghien (B) et à Wallers-Trélon (F






2007
Catalogue exposition « AIMANT 6 PASSIONS DES MARBRES DE SERGE LOMBARD » au Musée du Marbre de Rance (B)

Cette exposition est une Ode au Marbre.

Serge Lombard, expert en orfèvrerie pétrographique, s’engoue pour ce matériau œuvré au cours des siècles par la Nature

Une palette ! il y a une palette dans le marbre, plus vertigineuse que ne l’est la consultation d’un nuancier. Pas le catalogue de pigments miscibles dans un onctueux médium par l’usage du pilon du mortier ; non ! Ici, la couleur est là pour décoiffer vos cônes et bâtonnets, sous forme d’émulsions concoctées par quelque Vulcain et autre secret opérateur des profondeurs, inventifs et rigoureux tout à la fois.

Tout comme en cuisine, où des appareils complexes issus de recettes subtiles côtoient des mets simples, pierres angulaires de la gastronomie exigeant une maîtrise ; la Nature a mis la main à la pâte. Avec elle, le métamorphisme et ses tocades télescopent des orbites de calcite, le confit sédimentaire enjôle des marinades de flux pochés, de dures élucubrations systoliques s’épanchent en marges confuses, ces dernières s’immisçant dans le moelleux de galaxies délurées ou sages avec des airs d’ères qui s’exaspèrent, se dissolvent, se contractent ou se fricassent en combinaisons infinies, sidérantes de graphismes orientés ou aléatoires.

Dans cet univers là, je ne suis que le mitron vous ayant mitonné ce menu dans lequel votre parcours prendra des allures d’une échappée belle aux accents de gourmandise oculaire. Un menu qui a réclamé une hardiesse dévouée de sapeur, la gestuelle sophistiquée du chirurgien, l’analyse glaciale du stratège, l’humble langueur fastidieuse du commis de ferme, l’équilibre industrieux du menuisier, l’application méthodique de l’horloger, la tonicité vigilante du barreur lors des coups de vent de force 4 dans les voiles du chorégraphe (ou, en décodé, comment faire face quand le boulot se cabre!), belle équipe au creux de mes yeux, au cœur de mes mains.

Comme sous l’ancien régime, «… serviteur»,©

Catalogue exposition « AIMANT 6 PASSIONS DES MARBRES DE SERGE LOMBARD » au Musée du Marbre de Rance (B)

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© 2003-2015 : ANIM'ART, Henrianne van Zurpele (textes et images), Serge Lombard (sculptures et photographies), Eric de Wallens (pour certaines photographies – www.objectifmag.be), Stéphan Salberter (certaines photographies) et PHOTO LAB (F-38250 Villard de Lans).
Réalisation, conception : Gérard de Wallens.
Actualisation 2015 : Henrianne van Zurpele